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Des histoires pour petits ou grands à regarder vivre

Julie Saint-André, alias Loli, écrit des contes pour adultes comme pour enfants.

Elle monte pieds nus sur l’estrade en dansant vêtue d’une large robe rose en noire, d’une étole grenat sur la tête et d’une autre du même ton sur les épaules. Ses boucles d’oreilles et ses nombreux bracelets argentés ponctuent chaque mouvement de doux cliquetis. Loli s’avance telle une gitane prête à prédire l’avenir. Sauf que la diseuse est ici conteuse. Elle lit non pas dans les mains mais dans le regard de son public la moindre de ses émotions.
Elle s’assoit par terre, prend soin de bien étendre les volants de sa robe autour d’elle puis se saisit doucement d’une mystérieuse boîte jaune rectangulaire d’où elle sortira divers objets. L’histoire peut commencer…
Une ancienne journaliste
C’est celle d’une jeune femme de 35 ans, Julie Saint-André, qui s’est longtemps cherchée avant de se découvrir et donc s’épanouir. Dans la famille Saint-André, on naît avec un goût inné pour les lettres. Fille de professeur d’espagnol et de journaliste, la Bayonnaise d’origine n’y échappera pas.
Elle choisira pourtant de mener des études de psychologie à Bordeaux et Paris. Mais la maîtrise en poche, dès son premier stage pratique, elle comprend qu’elle a fait fausse route. Que le monde auquel elle aspire doit se faire plus léger. Des maux aux mots, dans le sillage de son père qui travaille à l’AFP, elle s’essaie au journalisme. Y prend goût. Obtient son diplôme à l’IUT de Tours et officie comme pigiste ou CDD dans des journaux de presse régionale.
Et puis, à 30 ans, elle plaque tout. Entre-temps, elle a eu un petit garçon, Gaspard, et concilier une vie familiale avec une vie souvent sans horaires est source de stress. De l’écrit à l’expression orale, il n’y a qu’un pas. C’est vers le théâtre que Julie Saint-André se tourne. Deux ans de formation au Théâtre en miettes, à Bègles, l’aideront à explorer et apprivoiser la scène. Ils se solderont par la présentation d’un projet personnel.
« Pour ce projet de fin de formation, j’ai écrit un conte pour adultes, raconte-t-elle. Il s’est comme imposé. Une histoire d’amour impossible que je venais de vivre en a été le point de départ ». L’ébauche de ce travail est présentée face à un public. Sur scène, Julie prend le parti de faire vivre son conte en y associant divers objets ramenés de voyages à l’étranger. « Ce n’était qu’une ébauche, se souvient-elle, mais je suis parvenue à intéresser les gens qui, du coup, se sentaient frustrés de ne pas connaître la fin de l’histoire ! »
Quatre contes écrits
Mais la comédienne en herbe n’a pas encore pris la mesure de ses talents de conteuse. Il faudra attendre son installation sur Biarritz pour que le déclic se produise. Entre deux petits boulots, Julie Saint-André reprend son conte, l’améliore et le termine. « L’Instant du baladin » en est le titre.
Elle adapte cette même histoire à un jeune public (dès 7 ans) en l’intitulant « Lucita et le clown ». « Moi qui ai longtemps pratiqué le saxophone, j’ai découvert l’existence du xaphoon, raconte- t-elle. Plus qu’une découverte avec cet instrument de musique hawaïen qui ressemble à un petit saxo en bois, ce fut une rencontre. Le xaphoon m’a inspirée. C’est lui qui m’a vraiment donné envie de me mettre au conte. » En découleront « Dolorina, la vache qui avait mal au dos » et « Les Nuits d’Ernest », des histoires très visuelles pour les tout petits. « J’invente mes contes en donnant vie à divers objets, confie-t-elle. Et le xaphoon m’aide à tout mettre en musique ».
Pour la scène, elle décide de se faire appeler Loli, du surnom que lui donnent depuis toujours ses proches. Face au public, elle module sa voix, fait vivre les objets dont elle se saisit, attrape l’attention de son auditoire pour ne plus la lâcher. Qu’il soit pour adultes ou enfants, le conte se déroule sans temps mort avec toujours un trait d’intimité, un soupçon d’humour et une bonne dose de poésie. Muriel BonnevilleSudouestportrait

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