Without title for tonight

On se retrouve au point crucial

Commencement d’un temps choisi

Dire une fin comme on survit

Déposé, tout notre attirail

 

Au point crucial on se retrouve

On vient de là, j’le reconnais

L’instant seigneur de nos passés

L’éternité saigne ou s’éprouve

 

On s’aime et je tente des mots

Perdurer l’acte en alphabet

Écrire ou batifoler

Un gémissement sur ta peau.

 

 

À ravir au silence

Un immense malentendu

J’aime à m’y perdre

Aux peut-être je ne crois plus

Je t’aime à mordre

 

On s’est tellement attendus

J’aime à l’automne

Aux pourquoi on n’a jamais su

Je t’aime en somme

 

Une étreinte à corps perdu

J’aime à ravir

Au silence. J’ai répondu

L’amour ne s’en ira

Un amour ici-bas

Toutes les ratures

Le bel amant est là

En pleine figure

 

Dans le geste, l’aura

Le calme à l’allure

Sagesse pas à pas

La simple mesure

 

L’art enfin se déploie

Sublime masure

Je n’en reviendrai pas

Dernière blessure.

À tuer le temps

Le sage ne gouverne pas

Le grand amour meurt au combat

Le chat ressuscité espère

À la rambarde de nos pères

 

Un blasphème d’ores et déjà

Dans les bas-fonds d’un coeur qui bat

Où l’Océan n’a plus de mère

Où le bleu tendre tire au vert

 

Le genre blessé va, se noie

Les belles volent en éclats

L’eau d’un visage tombe à terre

Ou sur mon ventre, à l’indiffère

 

Gérer ta peau, jouir à l’orage

Et savamment on le sera

Bonté d’une parole entière

Ô sobres dires d’avant-hier

 

Le jeu en plein soleil, en nage

Arrêter le temps. Patatras

Les boules volent en poussière

À passer la main. Un éclair

Automn thanks summer wintering

Fiers à perte d’ivresse

Les mots chers ont parlé

Pour que jamais ne cesse

Le pouvoir d’inventer

 

Les mots à la vitesse

Fiers chers et palabrés

Des paroles en détresse

L’invention juste née

 

Et toujours ce ciel

Déjà mort apprêté

Mes mots en sommeil

Perdure cet été.